Blanc de l’hiver

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Blanc de l’hiver est une exposition qui est présentée du 19 au 30 janvier 2011 à L’espace contemporain galerie d’art, située au 313 rue Saint-Jean à Québec et qui met en lumière quatorze artistes.

Viviane Bazinet, Carole Chicoine, Diane Fontaine, Claire-Marie Gosselin, Marie Gravel, Edith Liétar, LO, Anne-Marie Léveillé-Shields, Diane Marineau, Claude Mélançon, Karine Molloy, Vanessa Roberge, Marie-France Roy et Sylvain Tapin sont les artistes qui, pour cette exposition thématique, ont choisi de jouer avec le blanc dans leurs œuvres. Ce qui rappelle, bien évidemment, Carré blanc sur fond blanc, une huile très célèbre de Kasimir Malevitch créée en 1917-1918. Dans Blanc de l’hiver, le thème est tourné vers l’exploration et l’exploitation du blanc, mais également sur les paysages, les personnages, les motifs géométriques, etc.

« Projeter la lumière dans les profondeurs du cœur humain, telle est la vocation de l’artiste » a écrit Schumann, tandis que Tolstoï a dit: « Un peintre est un homme qui peut tout dessiner et tout peindre ».

Techniquement, la couleur blanche est celle qui reflète le mieux les rayonnements du soleil et c’est on ne peut plus vrai pour l’œuvre intitulée Survivance de Claire-Marie Gosselin, une peinture (techniques mixtes) qui reflète une ambiance intérieure, sublimée par une consonance spirituelle.

Il est toutefois difficile de déterminer quelle est l’œuvre maîtresse pour cette exposition car l’opinion du public, présent lors du vernissage du 21 janvier, était partagée entre plusieurs artistes aux styles vraiment différents. L’hyperréalisme est toujours séduisant, l’abstraction l’est tout autant. Plusieurs artistes ont exploité le thème au pied de la lettre, tandis que d’autres ont utilisé la couleur seule comme point de départ.

Pour analyser très simplement le blanc, nous pourrions dire que c’est la sensation visuelle obtenue avec un spectre lumineux continu; c’est la couleur obtenue en mélangeant la lumière de toutes les couleurs. En réalité, nous devrions dire « valeur » et non « couleur ». Dans la symbolique occidentale, le blanc est généralement associé à la pureté, à l’innocence, à la chasteté, à la paix, au mariage, à la spiritualité, etc. L’origine de cette symbolique réside dans son caractère immaculé, sans présence de noir qui est aussi une valeur et non une couleur.

Vassily Kandisky disait dans le petit livre Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier (1912) que « le son musical a un accès direct à l’âme. Il y trouve écho essentiellement immédiat car l’homme a la musique en lui-même ». Il disait aussi que « le blanc agit également sur notre âme (psyché) comme un grand silence, absolu pour nous », il ressemble à un silence musical, un non-son, qui correspond sensiblement à certains silences en musique. Ces silences ne sont pas morts, mais pleins de possibilités. Le blanc est donc un silence autour duquel rôde le son, tandis que la résonance se fait entendre ici et là; le noir est, au contraire, un son présent, un écho permanent, comme une basse continue. L’orchestration des couleurs de Kandinsky évoquait les aspects fondamentaux de certaines couleurs, forces centrifuges et centripètes, tandis que le clair et l’obscur fondaient un contraste, une sorte de résistance. Cette «musicologie» dans l’art visuel est intéressante et trouve écho auprès de plusieurs artistes qui privilégient une révélation instantanée dans une succession de temps d’exécution qui s’inscrivent dans une durée rythmique ponctuée d’oeuvres. L’effet rationnel se dégage de l’immédiateté des illuminations, tandis que dans la symphonie visuelle on perçoit progressivement les rapports au sentiment et à la passion de l’artiste. On retrouve cette tentative d’abolir la frontière entre arts du temps et arts de l’espace en alternance avec l’écoute et l’observation dans cette exposition qui possède un je-ne-sais-quoi de transcendant. Ce « quoi » est le contenu que seul l’art est capable de saisir en soi et d’exprimer clairement par des moyens qui n’appartiennent qu’à lui. Les œuvres de cette exposition s’harmonisent avec l’atmosphère qui s’en dégage. L’innocence devant la toile est retrouvée.

L’exposition se termine le dimanche 30 janvier 2011.

 

SOURCEHeleneCaroline Fournier
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